Divorion.com est inscrit sur la liste noire de l’AMF depuis le 20 juin 2025, dans la catégorie des produits dérivés sur crypto-actifs. Le site proposait en France des services d’investissement sur contrats financiers sans l’agrément requis, ce qu’a constaté le Tribunal judiciaire de Paris dans une décision du 12 novembre 2025.

Un site apparu fin 2024, construit comme une plateforme de trading légitime

Le domaine divorion.com a été enregistré le 26 novembre 2024. En quelques semaines, le site a proposé un accès à des options binaires et à des CFD — des contrats financiers à fort effet de levier — via une interface de trading en ligne portant sur divers actifs sous-jacents, dont des crypto-actifs.

Ce type de construction suit un schéma bien documenté : le site reproduit les codes visuels d’une plateforme régulée. L’utilisateur y trouve une interface graphique, des courbes de prix, un espace client personnalisé et parfois des relevés de compte. Ces éléments ne constituent en rien la preuve d’une autorisation réglementaire. Ils servent à installer la confiance avant les premiers versements.

Les données WHOIS indiquent que le titulaire réel du domaine n’est pas publiquement identifiable : le registrement utilise un service d’anonymisation masquant les informations sur le détenteur. Cette opacité sur l’identité de l’opérateur est l’un des premiers signaux d’alerte dans ce type de montage.

Le montage Divorion.com : quatre étapes caractéristiques

Le schéma opérationnel de Divorion.com correspond aux étapes classiques des plateformes non autorisées actives sur le segment des CFD et dérivés crypto.

  • Étape 1 — Le premier contact : la victime découvre la plateforme, souvent via une publicité en ligne ou un contact direct. Un premier dépôt de faible montant est encouragé pour « ouvrir le compte ».
  • Étape 2 — La mise en confiance : l’espace client affiche des gains, des performances ou un solde positif. Ces chiffres incitent à augmenter les versements.
  • Étape 3 — Le blocage du retrait : au moment où la victime demande à récupérer ses fonds, des obstacles apparaissent. Des signalements publiés en ligne font état de versements initiaux de 250 euros ou 1 500 euros suivis d’une impossibilité alléguée de récupérer ces sommes.
  • Étape 4 — Les frais de déblocage : l’opérateur réclame alors de nouveaux paiements — présentés comme des taxes, des frais de conformité ou des frais de conversion — pour « libérer » les fonds. Ces demandes supplémentaires constituent un second niveau d’escroquerie.

Les faux prétextes utilisés pour soutirer de nouveaux versements

Les plateformes non autorisées du type de Divorion.com emploient des formulations récurrentes pour justifier des paiements supplémentaires après le blocage du retrait. Voici les demandes à identifier immédiatement comme des signaux d’alerte :

  • règlement d’une taxe pour débloquer un retrait ;
  • paiement de frais de conformité réglementaire ;
  • conversion préalable de cryptomonnaies ;
  • augmentation du solde du compte pour atteindre un seuil ;
  • règlement de frais pour libérer des bénéfices affichés.

Aucun de ces prétextes ne correspond à une obligation légale réelle. Ils ont pour unique fonction d’extraire des fonds supplémentaires à une personne qui cherche à récupérer sa mise initiale.

Ce qu’établissent officiellement l’AMF et le tribunal de Paris

Le dossier Divorion.com ne repose pas sur de simples signalements d’internautes. Il est étayé par des actes officiels successifs.

Le 20 juin 2025, l’AMF inscrit divorion.com sur sa liste noire dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs », indiquant explicitement que cet acteur n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. L’ACPR s’associe à cette mise en garde.

Le 20 août 2025, un procès-verbal de l’AMF constate que le site continue de proposer ses services sans agrément. Le 29 août 2025, le président de l’AMF met en demeure l’éditeur de cesser toute activité. Un nouveau constat du 8 septembre 2025 établit que le site reste accessible et actif malgré cette mise en demeure.

Le 12 novembre 2025, le Tribunal judiciaire de Paris retient que Divorion.com ne figure pas au registre REGAFI et ordonne des mesures destinées à bloquer l’accès au site depuis le territoire français. Cette décision judiciaire — rendue sous le numéro RG n°25/56225 — s’ajoute aux mesures administratives pour dresser un tableau complet de la situation réglementaire et judiciaire de la plateforme.

Pour comprendre le cadre général applicable à ce type de plateforme, la liste noire officielle de l’AMF reste la première ressource à consulter avant tout versement.

Les risques spécifiques aux CFD et aux dérivés sur crypto-actifs

Les CFD et les produits dérivés sur crypto-actifs présentent un profil de risque élevé en raison de l’effet de levier qu’ils embarquent. Cet effet de levier peut amplifier les pertes très rapidement, au-delà des sommes initialement investies.

Ce risque financier est distinct du risque réglementaire. Lorsqu’une plateforme n’est pas agréée, les protections normalement attachées à l’intervention d’un prestataire de services d’investissement autorisé — mécanismes de garantie, obligations d’information, règles de ségrégation des fonds — ne s’appliquent pas dans les mêmes conditions. C’est précisément ce que le cadre réglementaire français vise à prévenir en imposant l’obtention préalable d’un agrément.

Le second niveau d’escroquerie : les faux récupérateurs de fonds

Une personne ayant subi un préjudice lié à Divorion.com peut être approchée une seconde fois par des interlocuteurs se présentant comme des spécialistes de la récupération de fonds.

Ces contacts affirment avoir localisé les sommes perdues, repéré des crypto-actifs sur une blockchain ou identifié les bénéficiaires des virements. Ils réclament ensuite le paiement préalable d’une commission, d’une taxe ou de frais de déblocage.

Le fait qu’un interlocuteur mentionne le nom Divorion.com ou cite un montant proche du préjudice réel ne prouve pas qu’il détient effectivement les fonds. Ces informations peuvent être obtenues depuis des signalements publics ou des listes de victimes. Il s’agit d’un second niveau d’escroquerie ciblant spécifiquement les personnes déjà lésées.

L’équipe du cabinet Ziegler & Associés, spécialisé dans la défense des victimes d’escroqueries financières, analyse régulièrement ce type de montage en double niveau.

Que conserver comme preuves et quelles démarches engager

Lorsque des fonds ont déjà été versés à Divorion.com, la priorité est de préserver l’ensemble des éléments qui permettront d’étudier les recours envisageables. Voici les documents à rassembler immédiatement :

  • relevés bancaires et ordres de virement ;
  • justificatifs de paiements par carte ;
  • adresses de portefeuilles de cryptomonnaies et historiques de transactions ;
  • captures d’écran de l’espace client et du compte de trading ;
  • courriels, conversations WhatsApp ou Telegram avec les interlocuteurs ;
  • contrats, documents ou relevés transmis par la plateforme ;
  • demandes de retrait et réponses reçues.

Tout nouveau versement doit être interrompu. Les établissements financiers concernés doivent être contactés rapidement, car certains délais conditionnent les possibilités de contestation des opérations. Un dépôt de plainte peut être envisagé selon les circonstances du dossier.

La récupération de fonds dépend du mode de paiement utilisé, des comptes bénéficiaires, des banques intervenues et des éventuelles plateformes de cryptomonnaies impliquées. Chaque dossier requiert une analyse individuelle.

FAQ

Divorion.com est-il sur la liste noire de l’AMF ?

Oui. Divorion.com a été inscrit sur la liste noire de l’AMF le 20 juin 2025, dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs ».

Divorion.com avait-il un agrément pour exercer en France ?

Non. Le Tribunal judiciaire de Paris a constaté que Divorion.com ne figurait pas au registre REGAFI et ne disposait donc pas de l’agrément requis pour proposer des services d’investissement en France.

Existe-t-il une décision de justice sur Divorion.com ?

Oui. Le Tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision le 12 novembre 2025 (RG n°25/56225) ordonnant des mesures pour bloquer l’accès au site depuis le territoire français.

Quand le site Divorion.com a-t-il été créé ?

Les données WHOIS indiquent que le domaine divorion.com a été enregistré le 26 novembre 2024. Le titulaire réel n’est pas publiquement identifiable, le registrement recourant à un service d’anonymisation.

Des témoignages de victimes sont-ils disponibles ?

Plusieurs signalements en ligne font état de difficultés à récupérer des fonds versés sur la plateforme, pour des montants de 250 euros et 1 500 euros notamment. Ces témoignages sont cohérents avec les mesures officielles prises par l’AMF et le tribunal, sans en constituer à eux seuls des preuves judiciaires.

Que faire si un tiers me propose de récupérer mes fonds perdus sur Divorion.com ?

Ne procédez à aucun nouveau paiement. Les interlocuteurs qui réclament une taxe, une commission ou des frais de déblocage pour localiser ou libérer des fonds pratiquent un second niveau d’escroquerie ciblant les victimes déjà lésées. Vérifiez systématiquement l’identité et l’agrément de toute personne faisant ce type de proposition.

La récupération de fonds est-elle possible ?

Elle dépend du mode de paiement, des bénéficiaires des virements, des banques impliquées et des délais écoulés depuis les opérations. Aucun résultat ne peut être garanti : chaque dossier nécessite une analyse au cas par cas.

Où signaler une escroquerie financière en ligne ?

Vous pouvez signaler les faits sur la plateforme nationale Pharos (signalement.service-public.fr) et auprès des services de la police ou de la gendarmerie. Votre établissement bancaire doit également être informé sans délai.

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    Sources

    Autorité des marchés financiers – Fiche officielle Divorion.com
    AMF – Divorion.com sur la liste noire

    AMF et ACPR – Mise en garde concernant les acteurs non autorisés
    AMF et ACPR – Mise en garde sur les acteurs non autorisés

    Tribunal judiciaire de Paris – Décision du 12 novembre 2025
    Cour de cassation – Décision concernant Divorion.com

    WHOIS – Informations sur le domaine Divorion.com
    WHOIS – Informations sur Divorion.com

    ScamAdviser – Analyse technique de Divorion.com
    ScamAdviser – Analyse de Divorion.com

    Cette analyse s’appuie sur l’article publié par le cabinet Ziegler & Associés : Divorion.com : liste noire AMF et décision du Tribunal de Paris.

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