Infinitemarkets.trade est signalé par l’AFM néerlandaise comme boiler room présumée depuis le 4 septembre 2026, et par la Banque de Russie depuis le 26 septembre 2025 pour activité illégale sur le marché des valeurs mobilières. La plateforme opère sans licence ni passeport européen reconnu.

Deux alertes officielles, un même domaine

Le domaine infinitemarkets.trade n’est pas seulement contesté par des témoignages d’internautes. Il concentre des avertissements émanant de deux autorités financières distinctes, sur deux continents différents.

La Banque de Russie a été la première à inscrire le domaine sur sa liste d’avertissement, le 26 septembre 2025. L’autorité y relève des signes correspondant à l’activité illégale d’un professionnel du marché des valeurs mobilières. Ce premier signalement est passé relativement inaperçu, mais il précède d’environ un an l’alerte la plus documentée.

Le 4 septembre 2026, l’Autorité néerlandaise des marchés financiers (AFM) publie un avertissement ciblant nommément Infinite Markets Ltd. et le domaine infinitemarkets.trade. L’AFM présente la société comme une boiler room présumée et recommande aux consommateurs de ne pas donner suite à ses propositions. Cet avertissement est ensuite relayé par plusieurs régulateurs européens, dont la FSMA belge.

La chronologie est instructive : lorsqu’une personne effectue son premier versement en 2025 ou 2026, la plateforme figure déjà sur au moins une liste officielle d’avertissement.

Le schéma de la boiler room : comment ça fonctionne

Le terme boiler room désigne un mode opératoire précis. Il repose sur un démarchage actif et organisé, à destination de particuliers qui n’ont pas sollicité de contact commercial. L’AFM précise qu’Infinite Markets Ltd. aurait contacté spontanément des personnes pour leur proposer des investissements.

Le déroulé typique d’un tel montage se décompose en plusieurs étapes :

  1. Le premier contact : un appel téléphonique, un message sur une messagerie instantanée ou un courriel. L’interlocuteur se présente comme un conseiller ou un expert en investissement.
  2. La mise en confiance : la plateforme propose un compte de démonstration — ici crédité de 500 dollars — permettant de simuler des gains sans risque apparent. L’interface semble professionnelle.
  3. Le premier dépôt symbolique : Infinite Markets affiche un seuil d’entrée de 10 dollars seulement. Ce montant a une fonction précise dans le montage : lever la méfiance initiale et créer un premier engagement psychologique.
  4. La montée en charge : une fois le premier dépôt effectué, des sollicitations répétées poussent à augmenter les sommes investies, souvent avec la promesse de gains imminents.
  5. Le blocage du retrait : lorsque la victime tente de récupérer ses fonds, des obstacles successifs apparaissent — frais de déblocage, taxes, demandes de documents supplémentaires.

Un agrément introuvable : ce que cache l’immatriculation à Sainte-Lucie

Infinite Markets Ltd. affiche une adresse à Rodney Bay, Gros-Islet, à Sainte-Lucie, et revendique un numéro d’incorporation (2026-00401). Ce type de mention est souvent interprété comme une preuve de légitimité. Ce n’est pas le cas.

Une immatriculation de société dans un territoire offshore ne confère aucun droit à proposer des services d’investissement en Europe. Or, l’AFM constate explicitement qu’Infinite Markets Ltd. ne dispose ni d’une licence délivrée par l’AFM, ni d’un passeport européen lui permettant d’exercer dans les États membres de l’Union européenne.

En France, tout prestataire proposant des CFD ou des produits d’investissement à des particuliers doit être autorisé par l’AMF ou bénéficier d’un passeport délivré par une autorité compétente d’un État membre. L’absence de cet agrément n’est pas une irrégularité administrative mineure : elle prive les investisseurs des protections prévues par la réglementation européenne.

Les cabinets spécialisés dans la défense des victimes d’escroqueries financières examinent systématiquement ce point comme premier critère d’analyse.

CFD et options binaires : deux produits, une même opacité

Infinite Markets se présente comme une plateforme de CFD. Ces contrats permettent de prendre position sur la hausse ou la baisse d’un actif — actions, indices, matières premières — sans en détenir la propriété. La mécanique est simple à comprendre, ce qui facilite le démarchage.

Ce que le site met moins en avant : son propre avertissement sur les risques mentionne expressément le trading d’options binaires. Cette précision est déterminante pour un investisseur résidant en France, où la commercialisation, la distribution et la vente d’options binaires aux particuliers sont interdites. L’AMF rappelle que ces produits permettent essentiellement de parier sur la variation d’un actif et peuvent entraîner la perte totale des sommes engagées.

La combinaison des deux instruments — CFD en façade, options binaires mentionnées dans les petits caractères — est un signal caractéristique de certains montages frauduleux. Elle permet d’afficher une apparence de conformité tout en proposant des produits dont la commercialisation est réglementairement impossible en direction du grand public français.

Les signaux à reconnaître avant qu’il soit trop tard

Plusieurs éléments permettent d’identifier le montage dès les premières interactions, avant tout versement significatif :

  • Le démarchage non sollicité : aucun prestataire régulé n’initie un contact commercial à froid pour proposer des placements financiers à des particuliers inconnus.
  • La pression temporelle : une offre présentée comme limitée dans le temps, une opportunité qui disparaîtrait si l’on n’agit pas immédiatement, est un marqueur systématique.
  • Les chiffres invérifiables : la plateforme affiche des centaines de milliers de traders enregistrés et des millions d’opérations. Ces données sont publiées par la plateforme elle-même, sans certification indépendante.
  • Le seuil d’entrée artificiellement bas : 10 dollars de dépôt minimum ne réduit pas le risque réel — cela réduit la résistance psychologique au premier versement.
  • Les demandes de versements successifs : une fois le premier dépôt effectué, chaque tentative de retrait déclenche une nouvelle demande de paiement.

Le second niveau du montage : les fausses récupérations

Les victimes d’une première escroquerie financière constituent une cible privilégiée pour un second niveau de fraude. Des interlocuteurs se présentent après coup comme des spécialistes de la récupération de fonds, affirmant avoir localisé l’argent, qu’un compte a été bloqué par une autorité, ou qu’une somme attend le paiement d’une taxe pour être restituée.

Ces approches utilisent un vocabulaire technique — frais de déblocage, taxe de conformité, assurance de transfert — pour rendre la demande crédible. Le mécanisme est identique à celui de l’escroquerie initiale : un premier paiement modeste, puis des demandes croissantes.

Toute démarche de récupération de fonds qui commence par une demande de paiement préalable doit être écartée.

Constituer un dossier : les pièces qui comptent

Si des fonds ont déjà été versés à Infinitemarkets.trade, la priorité est de ne pas effectuer de nouveaux paiements et de rassembler l’ensemble des preuves disponibles :

  • Relevés bancaires et confirmations de virement
  • Coordonnées des comptes bénéficiaires des transferts
  • Historique complet des échanges par courriel, messagerie et téléphone
  • Captures d’écran de l’espace de trading et des relevés affichés en ligne
  • Documents transmis dans le cadre de la procédure de vérification d’identité (KYC)
  • Toutes les demandes de retrait formulées et les réponses reçues

Ces éléments permettent de retracer le parcours des fonds : compte émetteur, établissement bancaire, prestataire de paiement intermédiaire, compte bénéficiaire final, et éventuelles conversions en cryptomonnaies. L’analyse de ce parcours conditionne les voies de recours disponibles, qui varient selon le mode de paiement utilisé et les délais écoulés depuis les versements.

L’établissement bancaire ayant exécuté les opérations doit être contacté rapidement. Dans certaines situations, les conditions d’exécution des transactions peuvent elles-mêmes faire l’objet d’un examen.

FAQ — Infinitemarkets.trade arnaque : questions fréquentes

Infinitemarkets.trade fait-il l’objet d’alertes officielles ?

Oui. La Banque de Russie a inscrit le domaine sur sa liste d’avertissement le 26 septembre 2025. L’AFM néerlandaise a publié un avertissement visant Infinite Markets Ltd. le 4 septembre 2026. Plusieurs régulateurs européens ont relayé ce second avertissement.

Qu’est-ce qu’une boiler room ?

Une boiler room est une structure qui utilise le démarchage actif — appels téléphoniques, messages non sollicités — pour proposer des investissements à des particuliers. L’AFM qualifie Infinite Markets Ltd. de boiler room présumée et confirme que la société a contacté des personnes spontanément.

Infinite Markets dispose-t-il d’un agrément pour opérer en Europe ?

Non. L’AFM constate qu’Infinite Markets Ltd. ne dispose ni d’une licence délivrée par ses soins ni d’un passeport européen permettant d’exercer dans les États membres de l’Union européenne.

Pourquoi le dépôt minimum de 10 dollars est-il un signal d’alerte ?

Un seuil d’entrée très bas réduit la résistance au premier versement et crée un engagement initial. Dans les montages frauduleux, ce premier dépôt est le point de départ d’une série de sollicitations pour des montants progressivement plus élevés.

Les options binaires sont-elles légalement proposées en France ?

Non. En France, leur commercialisation, distribution et vente aux particuliers sont interdites. Or, l’avertissement sur les risques du site Infinite Markets mentionne expressément le trading d’options binaires.

Que faire si un intermédiaire me propose de récupérer mes fonds contre paiement ?

Toute demande de frais préalables — déblocage, taxe, commission, assurance — est le marqueur d’une fraude secondaire ciblant les victimes déjà lésées. Ces approches ne doivent pas donner lieu à un nouveau versement.

La récupération des fonds est-elle possible ?

Elle dépend du mode de paiement utilisé, des intermédiaires financiers impliqués, des délais écoulés et de la traçabilité des fonds. Une analyse individualisée des transactions est indispensable avant toute conclusion.

Où signaler cette plateforme ?

Un signalement peut être déposé auprès de l’AMF via la plateforme officielle, et une plainte peut être envisagée si des faits susceptibles de constituer une escroquerie sont caractérisés. L’établissement bancaire ayant exécuté les virements doit également être informé sans délai.

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    Sources

    Cette analyse s’appuie sur l’article publié par le cabinet Ziegler & Associés : Infinitemarkets.trade : plateforme signalée par plusieurs autorités financières.

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